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AURAneXt en Revue                

                             

 

 

12 juin 2007 (N°4)



Selon une récente étude de l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), le
cybersquatting connaît une montée en puissance due aux nouvelles normes et pratiques d'enregistrement de noms de domaine. Le nombre de plaintes a progressé de 25% en 2006 par rapport à 2005, relève cette étude.
 

Il s'agit plus précisément d'une pratique d'enregistrement des noms ou des marques sur internet afin de les revendre à l'ayant-droit ou d'altérer leur visibilité sur la toile. Le processus est frauduleux et particulièrement fréquent pour les noms de domaine génériques de premier niveau : .com, .net, .org,  où le faible degré d'organisation et le coût d'enregistrement favorisent le développement de tels  agissements.


Le plus souvent les victimes sont les entreprises, ensuite les institutions publiques et privées, les personnalités du show-biz ou de la politique qui n'ont pas protégé ou même pas déposé leur nom de domaine (voir l'article sur ce sujet dans le numéro 3 de "AURAneXt en Revue"). On connaît le dérivé du
cybersquatting qui est le typosquatting; il consiste à enregistrer des noms de domaine avec une faute de frappe (par exemple www.wwikipedia.fr).

Certains sites enregistrent ainsi volontairement ces noms de domaine pour éviter de se les faire "voler" (www.gogole.com pour www.google.com par exemple).

 

Quels sont les enjeux de l'entreprise* devant le cybersquatting ?


Les conséquences peuvent représenter un préjudice important et cela peut être:

  • l'atteinte à l'image commerciale;

  • le détournement d'audience et donc perte de ressources nécessaires à l'équilibre du business-plan; contrefaçon des produits ou des services de l'entreprise;

  • la concurrence déloyale si les visiteurs sont automatiquement redirigés vers les concurrents de l'entreprise ou des sites à caractère pornographique.

Comment se protéger ?

Les principes de base portent sur la prévention, la négociation, l'appel à des règlements de l'institution mondiale habilité à accorder des noms de domaine (l'ICANN**) ou bien sur l'action en justice si aucune autre solution n'est trouvée.

Premier principe : privilégier la prévention.
L'entreprise doit affecter des ressources suffisantes au dépôt des noms de domaine correspondant à sa désignation sociale, mais également et de manière intuitive, aux différentes déclinaisons possibles.

Second principe : recourir à la négociation.
Au cas où le nom de domaine de l'entreprise a déjà été frauduleusement enregistré/accaparé, il est conseillé de recourir à une discussion avec le cybersquatter pour connaître ses intentions, avant toute action judiciaire ou extra-judiciaire. Cette prise de contact doit avoir un caractère formel (pli recommandé) et constituera une mise en demeure de restitution rapide du nom de domaine. L'entreprise pourra également recourir à un médiateur  qui négociera les solutions proposées aux deux parties.

Troisième principe : utiliser des instruments extra-juridiques.
Il s'agit du règlement des litiges relatifs au noms de domaine établi par l'ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers). Pour être applicables, ils doivent obligatoirement figurer dans le contrat d'enregistrement du nom de domaine soumis à la procédure. Cette procédure administrative uniforme et obligatoire de règlement des litiges ne concerne que les enregistrements abusifs effectués de mauvaise foi.

Quatrième principe: obtenir la reconnaissance de ses droits en justice.
La plupart des états développés technologiquement se dotent d'un cadre législatif propre au commerce électronique visant des pratiques comme le cybersquatting.

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*les enjeux sont valables pour toute organisation ou personne physique
**ICANN : Internet Corporation for Assigned Names and Numbers