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AURAneXt en Revue                

                           

 

 

  
12 juin 2007
(N°4)      
 



Le serveur informatique est saturé, plus de place sur le disque dur, la bande passante est encombrée, votre réseau n’est pas protégé lors des téléchargements ou du surf sur Internet…ce sont des éventuelles conséquences de l’usage à des fins non-professionnelles d’Internet.  

L'entreprise a le droit de veiller à sa productivité, tout comme le salarié est censé se consacrer à la mission inscrite dans son contrat de travail. Elle a aussi un devoir de contrôle, car elle peut être considérée comme responsable des préjudices causés à des tiers par ses salariés lorsque ceux-ci utilisent de manière indélicate l’accès extérieur que l’employeur leur a donné.
De sont coté, le salarié a droit à une vie privée sur son lieu de travail, reconnue par la jurisprudence française.

L’utilisation de l’informatique est réglementée par la CNIL* en tant qu’autorité administrative indépendante chargée de veiller à la protection des données personnelles. Pour limiter les dérapages dans l’entreprise, l’employeur et l’employé ont des droits et des obligations concernant l’utilisation de l’informatique et notamment de l’internet.
Pour guider cette utilisation, une charte internet est le document approprié pour établir les règles d’utilisation du web, de la messagerie professionnelle et personnelle, ainsi que des téléchargements de pièces jointes ou autre documents électroniques ; c’est à la fois un support pédagogique et d’information sur les modalités de contrôle des connexions et sur le respect de la vie privée des salariés.  

La pratique constate qu’un usage raisonnable de l’Internet est toléré par les entreprises, à condition que cela n’affecte pas la productivité et la sécurité. Toutefois, des dispositifs de filtrage de sites non-autorisés tels que le pare-feu et implicitement l’utilisation de certaines options comme le proxy ou le contrôle statistique global des sites les plus visités**, peuvent être mis en place. L’entreprise peut surveiller aussi l’utilisation des ressources des systèmes d’information, ou mettre en place des fichiers de journalisation des connexions. Dans ce cadre-là, l’employeur doit communiquer sur la mise en place et la durée pendant laquelle les données de connexion permettent d’identifier le poste ou l’utilisateur sont conservées ou sauvegardées.  

En ce qui concerne la messagerie électronique, l'entreprise peut être amenée à  mettre en place des outils de mesure de la fréquence ou de la taille des fichiers transmis en pièce jointe aux messages électroniques pour des raisons de sécurité, de sauvegarde ou de contrôle de l’encombrement du réseau. Les utilisateurs doivent être informés sur ces pratiques ainsi que sur la durée de conservation du message sauvegardé.   

Le rôle des administrateurs réseaux et systèmes est très important, car ils ont accès aux informations confidentielles. Ils sont généralement tenus au secret professionnel ou à une obligation de discrétion professionnelle. Légalement ils ne doivent divulguer aucune information qui relève du secret de la correspondance ou de la vie privée du salarié-utilisateur et qui ne porte atteinte à la sécurité du système d’information ou à l’intégrité de l’entreprise.

De même, l’utilisation de logiciels de télémaintenance qui permettent de détecter et réparer à distance une panne, ou bien, de prendre le contrôle à distance est conforme à la loi et n’empiète pas sur la vie privée du salarié-utilisateur. Toutefois, cette obligation doit être marquée dans le contrat de travail de l’administrateur réseau et systèmes.

Ces mesures de contrôle afin d'assurer la sécurité peuvent s’imposer au chef d’entreprise en sa qualité de responsable de traitement de données personnelles. Au regard de la loi Informatique et Libertés, ce dernier est obligé de prendre toute « les précautions utiles » *** pour préserver, compte tenu de l'état de l'art et des coûts liés à leur mise en œuvre, un niveau de sécurité approprié aux données qu’il traite. Le « bon professionnel doit en conséquence mettre en place les moyens humains, financiers, techniques et organisationnels nécessaires à la sécurité de son système d’information en fonction de ses activités.


*  CNIL : la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés

** Réalisé de manière anonyme

*** La jurisprudence applique la notion de « bon père de famille » (article 1137 du Code civil) pour apprécier la responsabilité du chef d’entreprise en matière de sécurité informatique.